top of page

Le Gogue

Voilà un article qui traite d’un enrênement « populaire Â». Correctement utilisé, c’est un outil très intéressant, qui peut apporter plusieurs solutions aux cavaliers en difficulté. D’utilisation relativement simple et peu couteux, partons à la découverte du gogue, avec Patrick Fortier, cavalier, entraîneur, ayant évolué de nombreuses années aux cotés du Docteur Pierre Pradier.

 

Dans la « Méthode Pradier Â», le gogue occupe une place importante, il est utilisé pour de nombreux chevaux et  a toujours apporté satisfaction.

 

Le gogue est un enrênement en trois points : sangle, nuque, bouche ; reliés par un système de cordes et poulies, pour former un triangle. 
Cet outil permet au cavalier d’avoir un cheval qui reste dans un cadre proche de la main. Ni en deçà, ni en la traversant, sans effet de blocage, la tête et l’encolure restent libres de mouvements.

 

C’est un guide, non coercitif. Le gogue calme et canalise le cheval. En plus de  son action mécanique, il possède un « effet lénifiant Â», comme l’écrivait René Gogue, son inventeur.

 

«  C’est un point sur lequel j’aime insister, le gogue, correctement ajusté, est un enrênement non coercitif. Il peut être utilisé par tous les cavaliers, pour tous les chevaux, dans toutes les disciplines, pour tous les exercices. Il faut simplement adapter les réglages au niveau du  couple, et de l’effort demandé. Â»

 

L’aspect fondamental à maitriser, qui déterminera l’efficacité de ce dispositif, est son ajustement. Celui-ci doit être progressif et évoluer en même temps que le cheval.

 

Pour débuter le travail en gogue le réglage sera un peu lâche et long, pour ne pas contraindre l’élévation de l’encolure ou les mouvements de la tête. C’est la phase de « découverte Â».

Progressivement, on va agir sur l’ajustement pour inciter le cheval à « aller chercher le gogue et le rencontrer Â». 

 

« L’ajustement de référence correspond à une tête au niveau de la colonne vertébrale (ligne horizontale), et un bout du nez légèrement en avant de la verticale.
Ainsi, le cheval est libre d’étendre son encolure et de revenir près de la main dans une attitude plus rassemblée. Â»

 

Quelques points à respecter concernant la pose du gogue sur votre monture.

Lorsque vous sellez votre cheval au box, mettez le gogue en place mais ne l’attachez pas

définitivement. Faites vos derniers réglages une fois dans le manège. Vous pouvez utiliser

le gogue dès le début de séance, en fonction de l’ajustement.

 

Les ficelles se passent de l’extérieur vers l’intérieur de l’anneau du mors, pour être rattaché

à la partie commune des montants, quelque soit la situation : à pied ou monté.

 

Lorsque le gogue est correctement réglé, le cheval peut risquer de se prendre les pieds

dedans, dans une attitude très étendue ou un moment de joie.

« Pour éviter les accidents, je recommande d’utiliser un collier de chasse par-dessus le

gogue ou une ficelle rattachée à la selle, pour maintenir le gogue plus près de l’encolure, du

poitrail. Â»

 

Comme pour tous outils éducatifs, il faut savoir écouter son cheval et moduler les longueurs en fonction du travail effectué, du niveau de fatigue, etc.  Et ne pas hésiter à se référer à un professionnel en cas de doutes.

 

Le gogue peut être utilisé du jeune cheval débourré jusqu’au haut niveau. Pour préparer le cheval au travail en selle, il est intéressant de l’employer à la longe.

«  Placez la longe en interne, pour imiter le pli de la rêne. Poussez le cheval vers le mouvement en avant, naturellement il va chercher un contact et sera orienté pour descendre et s’étendre. Â»

 

Le gogue est un mécanisme éducatif pour le travail à l’obstacle :

«  Il permet au cheval de se poser, d’aller vers l’obstacle sans se précipiter. Faites-le sauter à la longe, sur un oxer bas et large. Votre cheval va se prendre en charge, et acquérir une mécanique de saut, qu’il retrouvera automatiquement lors d’un parcours monté. Il s’agit d’un exercice qui discipline les chevaux ! Â»

 

Evidement le gogue s’utilise monté. Il est assez fréquent de voir chevaux et poneys d’instruction porter un gogue. Patrick Fortier encourage cette démarche.

«  Correctement réglé, le poney est ainsi stabilisé par l’enrênement, ce qui permet au jeune cavalier de se concentrer sur la direction, le mouvement en avant, sa position, etc. Les agitations excessives de la tête sont limitées et le contrôle sera meilleur si la monture prend la main. Â»

 

Le gogue correspond à tous les chevaux ou poneys, en particuliers ceux à dos long, encolure renversée,  qui viennent difficilement vers la main, ou qui manquent d’équilibre.

 

Ainsi, il peut être employé dans toutes les disciplines :

  • Dressage : « Nous avons déjà fait travailler des chevaux de haut niveau en bride avec un gogue réglé sur le mors de filet Â» Pensez-y pour vos détentes !

  • Obstacle : Nous l’avons vu précédemment

  • Courses : «  Les mÅ“urs ont évolués, aujourd’hui de plus en plus de trotteurs sont entraînés au sulky avec un gogue ! Â»

  • Cross : De même qu’à l’obstacle, pour les jeunes cavaliers ou jeunes chevaux, avec un ajustement un peu lâche, le gogue encadre et permet un meilleur contrôle de sa monture. 

 

Il existe une seconde façon d’utiliser le gogue : avec une paire de rêne, en configuration « commandée Â».

« Ainsi commandé, [il] présente à peu près les mêmes qualités, apporte à l’utilisateur plus de stabilité, supprimant tous les risques et permettant de fixer à chaque instant le cadre dans lequel il veut faire travailler son cheval. L’expérience semble prouver que ce « gogue commandé Â» nécessite, pour donner toute son action, un dressage préalable au gogue fixe. Â» Docteur Pierre Pradier - Mécanique équestre et équitation.

 

Patrick Fortier rajoute : Â« Il faut être capable de gérer quatre rênes, et savoir rendre la main. Dans le cas contraire, le gogue n’est pas correctement utilisé. Â»

 

A priori, il n’y a pas de contre-indication à l’utilisation du gogue, avec certaines embouchures. Il faut toutefois rester cohérent. « Vous pouvez l’utiliser avec un pelham, sur l’anneau le plus haut, avec une bride, comme cité précédemment, tous les mors doux, etc. Â»

 

En conclusion, le gogue est l’enrênement qui peut convenir à tous les chevaux et tous les cavaliers. C’est un guide, un cadre, qui permet de mettre le cheval en confiance, et l’orienter vers la juste attitude. Un outil qui met les chevaux dans le bon sens et dans une harmonie musculaire ne peut qu’être recommandé !

 

 

Copyright © 2014 Horse Conseils

© 2018 Horse Conseils - Tous droits réservés

Newsletter

Félicitations ! Vous êtes abonné

bottom of page